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Le Tract

Réflexions libres d’un citoyen français : Éthique, philosophie et politique

J’ai testé ma méthode anti-baratin en direct sur BFM TV

Par Abel PERROT, le

Vidéo publiée le 17 octobre 2026 par Praxis, le média d’action citoyenne fondé par François Boulo.

L’essentiel

  • François Boulo analyse son débat du 8 octobre 2026 sur BFM TV Normandie face à Marie-Agnès Poussier-Winsback, vice-présidente de l’Assemblée nationale et soutien d’Édouard Philippe, à propos du mouvement lycéen.
  • Il y applique la « règle du 2 sur 4 » : constat, diagnostic, objectif, solution. Seuls le diagnostic et la solution comptent.
  • Selon lui, la députée s’en tient aux constats et aux objectifs, et recourt à trois esquives classiques : « agir au plus près des territoires », « le dialogue » et le storytelling.
  • Il oppose un diagnostic (sous-investissement dans l’école, échec de la politique de l’offre) et des solutions chiffrées : conditionner les aides aux entreprises, rétablir l’ISF avec un crédit d’impôt PME, impôt sur la citoyenneté.

Le contexte et la méthode

Le débat porte sur le mouvement lycéen et l’appel à manifester du 17 octobre. Rappel de la méthode : un discours politique se trie en quatre catégories. Constats et objectifs suscitent en général l’accord de tous et servent à créer une connivence émotionnelle ; diagnostic et solution font apparaître les désaccords et doivent servir à juger. Comme François Boulo participe lui-même au débat, la méthode s’applique aussi à ses propres interventions. Il note au passage qu’il n’a plus été invité sur l’antenne nationale de BFM TV depuis une précédente vidéo critique.

Les constats : rester en surface ou préciser

La députée dit « entendre » et « comprendre » la colère des lycéens et juge que les réponses du gouvernement ne sont pas encore là : une empathie qui ne l’engage à rien. François Boulo précise au contraire trois points : les revendications sont légitimes (plafonds qui s’effondrent, fuites d’eau, professeurs absents non remplacés) ; les lycéens subissent une répression policière ; et le mouvement exprime une angoisse profonde face à l’avenir, entre effondrement du niveau scolaire dans les classements internationaux, arrivée de l’intelligence artificielle et chômage remonté au-dessus de 8 %.

Le diagnostic : moyens ou emplois du temps ?

Interrogée sur les causes, la députée évoque un lycéen privé de professeur de mathématiques, puis la multiplication des options, qui compliquerait les emplois du temps jusqu’à ne laisser que cinq minutes pour déjeuner. François Boulo relève, sans le dire à l’antenne, que ce système d’options vient de la réforme Blanquer de 2019, adoptée sous le gouvernement d’Édouard Philippe, son candidat. Sur les moyens, elle estime qu’ils existent, la région Normandie ayant beaucoup investi dans les lycées, et que les bâtiments délabrés sont sans doute promis à la reconstruction.

Son diagnostic à lui : l’école manque de moyens, à commencer par la revalorisation des enseignants, dévalorisés depuis vingt ou trente ans sur le plan symbolique comme salarial. Et le gouvernement ne peut rien faire, ayant laissé filer le déficit au-delà de 5 % du PIB.

Les solutions : trois esquives classiques

« Agir au plus près des territoires ». À la question « que faire ? », la députée répond qu’elle croit « au local », aux régions et aux communes. Pour François Boulo, c’est la réponse type de qui n’en a pas : le problème est national et structurel (professeurs non remplacés partout, baisse générale du niveau, mobilisation jusque dans les lycées favorisés), il appelle une réponse nationale. « Agir localement » est au mieux une méthode, pas une solution.

« Le dialogue ». Rouvrir le dialogue établissement par établissement n’est pas une solution, sauf à mettre quelque chose sur la table, par exemple cinq milliards réaffectés face à dix milliards demandés. En ancien Gilet jaune, François Boulo rappelle que tous les mouvements sociaux ont reçu le même traitement : Gilets jaunes, opposants à la réforme des retraites, pompiers, soignants. Le grand débat de 2019, « grand monologue », n’a débouché sur aucune mesure. Il cite la vieille blague : « la dictature, c’est “ferme ta gueule” ; la démocratie, c’est “cause toujours” ».

L’excuse institutionnelle. Faute d’arguments, la députée invoque la dissolution ratée de 2024 : trois blocs incapables de s’entendre, aucune réforme possible, un gouvernement sans légitimité à sept mois de la présidentielle. Le journaliste lui rappelle qu’elle appartient à la majorité présidentielle.

L’enjeu de fond : le bilan de la politique de l’offre

Pour François Boulo, l’échec ne vient pas de la dissolution mais de la politique économique menée depuis dix ans, voire trente, qu’Emmanuel Macron a accélérée. Les indicateurs cités : croissance quasi nulle, chômage au-dessus de 8 %, déficit supérieur à 5 %, emploi industriel toujours autour de 10 %, pauvreté au-delà de 15 %, déficit commercial de 70 milliards. Concrètement : des ménages modestes qui sautent des repas ou ne se chauffent plus, et des classes moyennes qui paient beaucoup d’impôts pour des services publics qui se dégradent.

La députée assure qu’Édouard Philippe a « beaucoup voyagé, beaucoup réfléchi » depuis Matignon et propose des « changements structurels ». La vidéo montre ces propositions, présentées le soir même sur France 2 : relever l’âge de la retraite, réduire la durée d’indemnisation du chômage, économiser sur la santé, défiscaliser les heures supplémentaires comme Nicolas Sarkozy, et transférer 50 milliards d’aides publiques vers une baisse équivalente des impôts de production, ce qui revient à une opération blanche. François Boulo y voit la continuité pure. Les aides aux entreprises, estimées entre 120 et 270 milliards par an selon les sources, n’ont produit ni croissance ni réindustrialisation ; selon Le Monde, les familles ont perdu 1 200 euros de pouvoir d’achat en deux ans, tandis que profits et dividendes du CAC 40 battent des records. Sans croissance, conclut-il, la dette ne se réglera que « par le bas », en faisant souffrir la population.

Les propositions mises sur la table

Mis au défi de proposer, François Boulo avance des mesures immédiates :

  • conditionner les aides publiques aux entreprises à l’emploi et à l’investissement ;
  • rétablir l’ISF avec un crédit d’impôt de 100 % pour les sommes investies dans le capital des PME ;
  • instaurer un impôt fondé sur la citoyenneté, sur le modèle américain, pour mettre fin au chantage à l’exil fiscal des plus fortunés.

Le bilan et l’esprit des Gilets jaunes

Au décompte de la règle du 2 sur 4, la députée n’a avancé ni diagnostic ni solution ; François Boulo estime avoir assumé les désaccords et fait des propositions concrètes, chacun restant libre de ne pas les partager. Interrogé sur un possible retour des Gilets jaunes, il répond qu’ils ne sont pas rentrés chez eux satisfaits des 17 milliards obtenus, mais épuisés et déçus de ne pas avoir été rejoints, avec la promesse de ressortir le jour où le pays se lèvera. Leçon tirée : la colère seule ne suffit pas, il faut être structuré et porter des revendications claires. C’est la raison d’être de Praxis.

Ce résumé rend compte de la thèse défendue par la vidéo ; il ne vaut pas approbation. Praxis assume une ligne engagée : son propos est à confronter à d’autres sources.

Source : J’ai testé ma méthode anti-baratin en direct sur BFM TV, praxismedia.fr, consulté le 20 octobre 2026, également publiée sur YouTube.

Sources