La technique qui grille TOUS les politiques à la télé
Vidéo publiée le 3 octobre 2026 par Praxis, le média d’action citoyenne fondé par François Boulo.
L’essentiel
- Le discours d’un responsable politique peut se trier en quatre parties : constat, diagnostic, objectif et solution.
- Constats et objectifs font en général consensus et servent surtout à créer une connivence émotionnelle : c’est le « baratin ».
- Seuls comptent le diagnostic (pourquoi ça ne va pas) et la solution (comment on agit) : c’est sur eux que les candidats se distinguent. D’où la « règle du 2 sur 4 ».
- Le piège principal : un objectif présenté comme une solution. Pour le déjouer, une seule question : « Comment ? »
La règle du 2 sur 4
François Boulo, avocat pendant treize ans, part d’un constat : à la télévision, l’essentiel du discours politique sert à « endormir ». La méthode consiste à classer en temps réel ce qui est dit dans quatre catégories.
Le constat décrit ce qui ne va pas : « les Français sont à bout », « l’hôpital est au bord de la rupture », le prix de l’essence, du logement, de l’alimentation. C’est de l’« empathie sans risque » : le responsable politique montre qu’il a compris, sans rien proposer.
Le diagnostic explique pourquoi cela ne va pas. C’est là qu’apparaissent les grilles de lecture et les idéologies, donc les vraies différences entre candidats. Tout le monde dit que la politique d’Emmanuel Macron a échoué ; la question est de savoir quelles mesures ont échoué et pourquoi.
L’objectif dit où l’on veut aller : réduire l’insécurité, sauver le système de santé, être « le candidat de la justice ». Personne n’est contre : ce sont des vœux.
La solution dit comment y arriver : quelle loi, quel impôt, quelle contrainte. Elle fait toujours des mécontents, puisqu’il faut prendre l’argent quelque part ou restreindre la liberté de quelqu’un ; c’est pourquoi les responsables politiques l’évitent et entretiennent le flou. En 2017, Emmanuel Macron l’assumait : « On se fout des programmes, ce qui importe, c’est la vision. »
Nuance : sur certains sujets, comme l’écologie ou l’immigration, les constats et les objectifs eux-mêmes sont disputés et méritent le débat. Mais dans la plupart des cas, ils font consensus.
Premier cas pratique : le prix des carburants
Gabriel Attal. Constat : les Français « pris à la gorge » par la hausse de l’essence. Objectif : soutenir ceux qui ont besoin de leur voiture pour travailler. Diagnostic : le conflit en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz font flamber le baril. C’est exact, mais incomplet : il omet l’explosion des marges de raffinage, passées de 41 euros la tonne en février à 314 euros en septembre, soit une multiplication par huit en six mois ; au deuxième trimestre, le résultat de TotalEnergies dans le raffinage atteint 1,8 milliard de dollars (+362 % en un an). Solution : prolonger l’aide existante et mieux informer les 1,5 million de bénéficiaires qui ne la demandent pas. Quand le journaliste lui demande pourquoi la France ne bloque pas les prix et ne taxe pas les raffineurs comme la République tchèque, il invoque l’état des finances publiques, alors que cette mesure ne coûterait rien à l’État. Il revient ensuite à son constat et à son objectif : la pirouette classique.
Manuel Bompard (LFI). Même constat, avec le carburant qui approche 3 euros le litre. Diagnostic : les marges d’extraction et de raffinage ont été multipliées par 7,5. Solution : bloquer les prix en vertu d’un article du code de commerce prévu pour les situations exceptionnelles, comme pour le gel hydroalcoolique pendant le Covid. On peut discuter des effets (risque de pénurie si les pétroliers délaissent la France), mais le discours est complet : un diagnostic et une solution.
Marine Le Pen (RN). Constat : les Français ont besoin de leur voiture, surtout en zone rurale. Diagnostic : le gouvernement « refuse d’entendre le peuple ». Vrai peut-être, mais hors sujet pour expliquer le prix de l’essence ; ni le contexte international ni les marges ne sont évoqués. Solution : baisser la TVA sur l’énergie, carburant, électricité et gaz. Mais sans dire comment la financer. Règle à retenir : toute baisse d’impôt annoncée sans financement doit déclencher une alerte.
Deuxième cas pratique : les retraites et le déficit
Le gouvernement (Roland Lescure). Constat : un déficit excessif. Objectif : faire des économies. Diagnostic : les retraités touchant plus de 2 000 euros par mois vivent correctement. Solution : geler les pensions au-dessus de 2 034 euros. On peut juger la mesure injuste, mais le discours est clair et cohérent.
Marine Le Pen. Même constat, diagnostic opposé : la plupart des retraités sont modestes et ne peuvent plus compléter leurs revenus en travaillant. Le gel ne rapporterait d’ailleurs que 6 milliards face à un déficit de 150 milliards. Sa solution : réduire le « train de vie de l’État » grâce à un plan de 125 milliards d’euros d’économies, soit près de 30 % des 450 milliards de dépenses de l’État hors Sécurité sociale. Elle détaille 32 milliards : contribution nette à l’Union européenne (5 milliards), fin de l’aide à l’Ukraine (2 milliards), dépenses liées à l’immigration (25 milliards, chiffre très discuté). Pour les quelque 90 milliards restants, elle reste floue : agences en doublon, fraude, suradministration de l’hôpital (exemple de Valenciennes). Comme les salaires forment l’essentiel des dépenses de l’État et qu’elle refuse de supprimer des postes de fonctionnaires, le compte paraît impossible. Les 125 milliards sont donc un objectif, pas une solution. Elle a promis un contre-budget détaillé pour octobre.
La leçon : toujours demander « comment ? »
Les constats et les objectifs parlent aux émotions ; il faut juger les responsables politiques sur leurs diagnostics et leurs solutions. Et se méfier des fausses solutions. La méthode : poser la question « comment ? » jusqu’au bout. Réduire le chômage ? Comment ? En créant de la croissance. Comment ? En réindustrialisant. Comment ? Par des droits de douane et des quotas. On arrive enfin à une mesure concrète : une taxe, une interdiction, une norme.
En conclusion, Praxis rappelle ses propres propositions soumises au vote citoyen, toutes approuvées massivement : référendum révocatoire du président (97 %), sortie du marché européen de l’électricité (98 %), interdiction du pantouflage (96 %) et renationalisation des autoroutes (98 %).
Ce résumé rend compte de la thèse défendue par la vidéo ; il ne vaut pas approbation. Praxis assume une ligne engagée : son propos est à confronter à d’autres sources.
Source : La technique qui grille TOUS les politiques à la télé, praxismedia.fr, consulté le 20 octobre 2026, également publiée sur YouTube.
Sources
- Vidéo
-
Site web
La technique qui grille TOUS les politiques à la télé (nouvel onglet)
Page de la vidéo sur praxismedia.fr, source de cet article.